PERFORMANCES CHORÉGRAPHIQUES

TOUS LES CHRISTS ICI RESSEMBLENT A BJÖRN BORG

1 SOLO CHOREGRAPHIQUE + 1 INSTALLATION PLASTIQUE

Tous les christs ici ressemblent à Björn Borg
solo - durée 20 min.
de
Jean-Emmanuel Belot
Captation vidéo de Nicolas Ticot – XLR Project (scénographie)

Projet soutenu par le DICRéAM

Le projet traite des notions de présence et d’absence, de rendre présente à nouveau l’absence de l’autre. Le travail corporel explore les mythes fondateurs de la « visagéité » en occident : une imagerie foisonnante d’individus et de créatures, imaginaires ou légendaires, des figures identifiées et sans cesse réactualisées… La danse intègre tout cet ensemble de repères iconographiques, réels ou fictionnels, comme un vocabulaire mnémo-corporel du visage de l’humain dans ses représentations.

« J’ai voulu capter la dernière image.
Éterniser l’éphémère, cet être présent qui ne se représentera plus. Donner un temps à notre regard, bâtir devant les yeux d’autrui ce qui fait et défait notre « matière à exister ». Un fantôme, c’est-à-dire un doute de réalité, transparaît enfin dans cette image. Elle sera le messager de tous les corps impalpables. C’est une fiction sans mémoire de moi-même, où je suis tout à la fois réel et impossible. Genre : auto-fiction. »

Le solo développe une interaction live entre le danseur et son image captée, projetée, transformée. La chorégraphie intègre le corps en représentation à un principe de miroir numérique : il est d’abord révélé par sa propre image projetée, pour générer une série d’empreintes isolées, mises en série, manipulées et accumulées.

Un voyage physique au coeur des figures qui hantent l'ecce homo : le corps masculin plonge ici dans ses propres reflets et se métamorphose très vite en guerrier, transi, repentant, démon, gargouille, satyre, crucifié... Tout un magasin de fragments corporels et fictifs est passé en revue dans un manège incessant d'apparitions et de fragmentations de ses mouvements.

Tous les christs

Tous les christs papiers
Installation
conception
Jean-Emmanuel Belot

L’installation est une galerie de reproductions d’images, faite au marqueur noir sur des petits carrés blancs en papier. On y retrouve tout un héritage de visages, d’icônes, de représentations anthropomorphiques, des traces de notre mémoire visuelle.

2500 empreintes de notre mémoire picturale, fictive, mythologique : vers une iconologie de notre existence. Rendre présent à nouveau...

tous les christs JE Belot

VIDEOS


TOUS LES CHRISTS RESSEMBLENT A BJÖRN BORG - CCN Rillieux-la-Pape
Captation et montage vidéo : XLR PROJECT

LE CONTINUUM : RECHERCHE ARTISTIQUE ET OUTIL TECHNOLOGIQUE

NOTE TECHNIQUE
Pour permettre la réalisation de ce projet nous imaginons un dispositif mettant en dialogue le danseur avec un vidéaste à travers le développement d’une interface, un logiciel audio-vidéo.L’échantillonneur est un logiciel développé par Nicolas Ticot/XLR Project permettant de capturer, stocker et relire des images, des séquences d’images et du son. Utilisant MaxMSP, les signaux vidéo et audio entrants sont soumis à trois modes possibles : record, play, mix, ainsi que des possibilités de travail colorimétrique et de transformation de l’image.
Il s’agit pour chaque solo d’enregistrer les mouvements et formes créées par le danseur, ainsi que les sons que ceux-ci peuvent engendrer, pour les projeter sur lui.
Le logiciel permet de spatialiser les différentes séquences à l’intérieur de la zone de projection, ou bien de les superposer, créant une multiplication de formes humaines.

NOTE D'INTENTION
Nous nous interrogeons ici sur les définitions de présence, d’absence, de réels (disparus ou apparus), de reflets et de sujets. Notre travail corporel étudie les modèles, les mythes fondateurs de la « visagéité » en Occident. Éclairer les fictions qu’entretient le corps avec lui-même, tout en cherchant sa propre unité dans ses métamorphoses ou en noyant son identité dans ses ressemblances.
Il s’agit pour nous de donner un temps à notre regard, de bâtir devant les yeux d’autrui ce qui fait et défait notre « matière à exister ».
Des images du corps, une imagerie foisonnante de restes de visages, d’individus ou d’autres appartenances : un doute d’une réalité, de présences ; un fantôme s’installe irrémédiablement. Je suis ici. Mais mon corps est un reste et ce reste donne son visage à l’individu.
Éterniser l’éphémère, capter la dernière image, cet être présent qui ne se représentera plus. Un fantôme, c’est-à-dire un doute de réalité transparaît enfin dans cette image. Elle sera le messager de tous les corps impalpables. C’est une fiction sans mémoire de moi-même où je suis tout à la fois réel et impossible.
Par le croisement du langage chorégraphique, plastique et virtuel, Nicolas Ticot et Jean-Emmanuel Belot, créent un dialogue entre le mouvement et son double, un Miroir numérique.
L’enjeu, créer un partage humain mutuel d’un univers, leur univers.

ARGUMENTAIRE

Principes fondateurs
Le stade du « tout mémoire »
Enregistrer, compiler, mettre en série, stocker, transformer, diffuser, voilà ce que nous proposent les objets de communication. Le téléphone portable, avec son multi usage audiovisuel devient le garant de ma mémoire. Après avoir transformé nos manières de mémoriser l’événement, les instruments multimédia se placent en parallèle, sinon en concurrence avec le vivant et la mémoire vécue. Il s’agirait ici de s’infiltrer dans le sens primaire de l’image, le « je vois » (en latin video), le « je vois de l’image » (en latin video imaginem). La caméra filme, enregistre, transforme et retransmet le présent.
La surveillance
Être là, présent, là où se passent les choses ! Les caméras et les écrans se multiplient et nous donnent l’illusion de vivre, de saisir ou de s’approprier les événements. Le corps en mouvement constitue le temps et l’espace, il devient événement pur et/ou événement en série. Nous procédons à une décontextualisation du corps en jeu, c’est-à-dire qu’il sera nu, seul et jeté à son propre vouloir-vivre.
Le miroir numérique
Le dispositif est là pour nous repérer, il est l’outil autant que le produit. Elle capte le mouvement en créant sa propre image. C’est l’idée de la conscience du « moi », mais aussi celle du temps présent, du temps réel. Le principe d’installation est avant tout actif, mettant en relation le corps du danseur avec son double, ses reflets, son passé, ses métamorphoses.
L’icône, l’idole
Produire un reflet, c’est aussi créer un double virtuel. Sa matérialité (images/vidéo) dans notre quotidien est déjà acquise. On peut parler de preuve par l’image. Mais ce qui nous incombe ici est d’identifier ce qui fait référence, ce qui permet à notre mémoire d’enregistrer, de classifier et d’identifier. Nous évoquons le corps générateur de signes et de figures, en référence avec l’iconographie humaine.
Le temps réel
Le double peut être instigateur de trouble, celui du présent, du passé. Se confronter jusqu’à s’associer en direct à sa propre image véhicule un sentiment de perte de repère. On double sa mémoire. Le dispositif produit des comptes-rendus du temps présent qui va jusqu’à orchestrer ce qu’il enregistre.

Articulation du projet
Le corps ici va se mettre en relation avec son reflet. Au-delà de la mécanique active des effets-miroirs, nous désirons nous confronter à tout ce qui fait exister une image, c’est-à-dire les instruments de captation, de transmission et de fixation. La caméra, la projection, l’écran. Ce système donne lieu à la réalisation d’une interface numérique entre le générateur danseur et le modulateur vidéaste.
ANALOGIQUE/PSYCHIQUE (instruments de captation, la mémoire) Mettre en parallèle un corps en mouvement avec son reflet projeté nous ramène irrémédiablement aux questions de ressemblance et de vraisemblance. Nous voulons étudier deux types de double. Le premier se rapporte directement à la photographie qui dicte à notre époque les conventions du réel et du faux (prise de vues, images truquées). Le deuxième rentre plutôt au cœur de notre conscience, c’est-à-dire la conscience d’être là, de faire mouvement et donc par la captation de faire image.
INSCRIPTION/EFFACEMENT (instruments de transmission, le mouvement) Faire exister le corps via la projection de sa propre image. Le corps-écran devient matière lui-même. C’est transmettre cette matière, la manipuler, inscrire en temps réel des moments de vie. Mais aussi poser la question de ce qui survit à travers le mouvement et son image. Nous construirons des effets de persistance, de latence, de caches entre le corps et l’image projetée.
APPARITION/DISPARITION (instruments de fixation, l’iconographie) La projection fait apparaître le corps, mais aussi permet au corps d’être éclairé afin d’être de nouveau capté par les caméras. L’éclairage s’auto alimente par un effet d’accroissement d’intensité. Nous parlerons d’auto génération lumineuse. Le mouvement lui-même se confronte à cette apparition en générant ses actions, tel un plateau de figures, de signes et d’histoires.

EIGHTBALL | BORDEAUX | bureau.eightball@gmail.com